Philosophie - Qu'avons-nous en commun ?, Louis Ledonne

A la question que nous tentons de poser (mais non de résoudre): qu'avons-nous en commun ? nous pourrions répondrons : ce que nous avons en commun, c'est que nous sommes différents.

 

Mais nous ne sommes pas radicalement différents. Les différences (quelles soient attribuées ou revendiquées) peuvent devenir rapidement dangereuses et ont vite fait de se transformer en stigmates ou en ghettos.

Nous devons alors nous diriger vers un horizon qui ne serait à proprement parler à atteindre comme une flèche atteint son but.


Il est plutôt à ouvrir et à construire ensemble.

 

C'est un horizon de connaissance et de reconnaissance qui pose nécessairement la question de l'éthique et du juridique c'est-à-dire de la conquête puis de l'élaboration des droits (et non du droit).
Il s'agit de réaffirmer notre commune humanité mais celle-ci n'existe qu'à travers des singularités qui se rencontrent.

Il convient pour cela que l'estime de soi l'emporte sur le repli sur soi.

 

Cet horizon de reconnaissance mutuelle consiste à dépasser la polarité de la plainte et de la compassion. Car aucun projet de vie ne peut se profiler dans le ressassement de la souffrance.

 

C'est par "le je est un autre" de Rimbaud que nous pouvons aborder des situations dans lesquelles un autre suppose que l'autre soit un je, c'est-à-dire un sujet au même titre que moi.

 

Enfin c'est par les personnes en profonde souffrance que nos sociétés peuvent renoncer à la pseudo-universalité et reconstruire un lien social étiolé par un individualisme croissant.

Autrement dit c'est grâce à la singularité des situations, que nous voyons sans voir, que nous pouvons nous ouvrons à l'universel.

 

 

Et tout cela bien loin des discours formatés du monde des intellectuels, des politiques, des pseudo-philosophes . . . déconnectés du réel et qui tournent en vase clos.

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