05. janvier 2021
On parle souvent de « réel » et de « réalité » , notions aussi difficiles à cerner que « nature » ou « vérité. La « réalité », c’est le monde qui nous fait, qui nous vit sans qu’on le pense, en même temps que nous le vivons, le transformons sans cesse. Sur un arrière-plan social et culturel donné, il y a autant de « réels » que d’aptitudes à en recevoir les messages. La science analytique ne considère jamais que des parties du réel, explore leurs relations entre...
05. janvier 2021
Il y a dans cette image, tirée par hasard sur le net, quelque chose qui confine à la totalité du dit de notre relation au monde. Entre les deux êtres aimants et la nature derrière eux, pas de profondeur, pas d’horizon, pas d’intention. Tout semble ressortir du même plan, dans une pénombre qui masque une quelconque saillance. Il n’y a pas de sujet, pas d’objet, pas de séparation, pas de division ni d’assemblage entre les êtres et le lac derrière eux mais une fusion des deux...
29. décembre 2020
Le sentiment d’humanité n’est pas l’émotion de pitié qui advient par empathie ou sympathie : douleur, souffrance, chagrin suscitent en nous un mouvement émotionnel de solidarité comme si nous savions bien et partagions ce que ressent celui qui souffre. Et par ailleurs la vertu d’humanité en appelle-t-elle au prétendu droit de mentir, par humanité, pour sauver l’existence d’autrui par exemple ? A ce propos Descartes parlera non pas de deux principes en opposition ( la...
10. décembre 2020
Le titre du livre de Jean-Paul Fitoussi, « Comme on nous parle », est emprunté à une chanson d’Alain Souchon, « Foule sentimentale ». Voici quelques idées forces de ce livre qui parle de l’emprise de la novlangue sur nos sociétés. La façon dont on nous parle des problèmes économiques, sociaux et même politiques nous laisse peu de chances de comprendre ce que l’on veut nous dire. L’invention d’une néo-novlangue est passée par là. Les grands communicants l’avaient bien...
08. décembre 2020
A l’image de la peste de Camus, un virus invisible, mais hautement contagieux, vient symboliser et stigmatiser nos sociétés malades de leur chômage, de leur économie, de leurs représentants politiques, de leurs institutions, de leur verticalité, sur fond de manifestations citoyennes exprimées par les réseaux sociaux et dans la rue. Le populisme est, dans beaucoup de nos pays démocratiques, la traduction politique tragique de cette situation malheureuse d’un peuple recherchant les...
30. novembre 2020
L'œuvre de l'Orientaliste Edward Saïd ne pourrait-elle pas jeter un pont entre deux cultures que bien souvent l'on oppose. Elle mériterait d'être relue et méditée : "l'Orientalisme", "D'un Orient à l'autre". Edward Saïd est un universitaire, théoricien littéraire et critique palestino-américain. Il a enseigné, de 1963 jusqu'à sa mort en 2003, la littérature anglaise et la littérature comparée à l'université Columbia de New York. L’exilé ne se sent à sa place ni dans sa...
30. novembre 2020
Deux ouvrages philosophiques du dernier demi-siècle ont une portée exemplaire, tant ils reflètent bien les états d’esprit de deux générations successives. En parlant en 1979 d’un Principe Responsabilité Hans Jonas s’opposait terme à terme au Principe Espérance, le livre majeur d’Ernst Bloch, rédigé pendant la guerre, maintes fois repris et finalement publié en 1959. Le livre de Jonas se présentait comme une éthique pour une civilisation technologique et son accord avec...
17. novembre 2020
Oser qualifier ainsi son expérience de réclusion : un cadeau, une joie, ceux de faire le vide et de cheminer dans un voyage intérieur aux confins duquel l’on peut être un peu mieux outillé pour accomplir le vœu auquel Gandhi exhortait son auditoire : être soi-même le changement que l’on veut voir dans le monde. C’est vrai que le moment que nous vivons est tragique, mais la vie est tragique. Mais pour évoquer le confinement, ne faudrait-il pas le voir aussi comme une surprise de...
21. juin 2020
J'avais vingt-cinq ans. Ma mère était morte la nuit précédente. Je me suis retrouvé dans une rue de mon village ou je croisai une connaissance, une amie de la famille. Elle m'a regardé avec sympathie et m'a demandé (sans rien savoir, naturellement, de ce qui venait de m'arriver). "Alors, ça va ?". Je suis presque sûr, sans en avoir le souvenir exact, d'avoir évité de la regarder dans les yeux. Je lui ai simplement répondu : «Ça va bien, merci". Phrase banale, toute faite,...
01. février 2020
C'est la liberté dont nous faisons ainsi l'expérience à travers le choix moral. Quel visage a-t-elle pour nous ? Celui d'une spontanéité, d'un pouvoir de commencer quelque chose ou d'y mettre fin sans que rien ne nous y contraigne. On ne fait pas le bien parce qu'on on aurait intériorisé des règles extérieures venues de notre éducation bourgeoise (laïque, catholique etc . . .) Ni par l'effet de dispositions psychologiques (culpabilité, vanité, compassion . . . ) : tout cela est...

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